Investir dans le vin ?

 

Investir dans le vin

 

Placement à consommer sans modération

 

 « In Vino Veritas ». Cette maxime affirmant que la vérité se trouve dans le vin s’applique peut-elle révéler un produit d’avenir pour un placement rentable ? En d’autres termes, le vin, produit connu depuis des millénaires, peut-il encore constituer un investissement d’avenir ?

Les placements sur le vin diffèrent peu des marchés, spéculatifs « classiques » si ce n’est par une caractéristique fondamentale: le vin est une matière vivante qui peu se bonifier ou se détériorer dans le temps ! C’est donc la qualité même de l’investissement qui peut se trouver sublimée ou, au contraire, détériorée à jamais. Pourtant le vin constitue un véritable investissement de diversification pour celui qui, à l’instar du précepte vigneron, ne souhaite pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Les professionnels du placement s’accordent à penser qu’un investissement raisonnable dans les vins se situe entre 5 à 10 % de son patrimoine financier. Une proportion qui peut sembler timorée au regard des statistiques de ces dernières années très favorables ou les plus-values ont atteint 20% sur des périodes de garde de 3 à 5 ans

 

Les valeurs sûres d’un investissement en vin restent les grands Bordeaux, Bourgogne ou Côte du Rhône. Le critère de choix, ce ne sera pas une surprise sera toujours l’année de production du vin.

Selon le millésime, un même domaine, un même nom prestigieux, pourra produire un investissement aux courbes avantageuses... ou au contraire désespérément plates !

On recommandera donc de choisir un millésime apte à vieillir comme par exemple les millésimes 2000 ou pour les plus récents 2009 et surtout 2010 est judicieux.

Si la cote des vins est déterminée par le prix de vente à la propriété, il faut compter sur l’influence de certains éléments extérieurs et notamment du jugement de certains experts établis et reconnus.

Ainsi pour les Grands crus de Bordeaux, le célèbre américain Parker fait partie des juges incontournables. Ses fameuses notes de dégustation sont devenues au fil des années une échelle de valeurs importante et vitale pour l’achat de certains crus.

Aucun risque à miser sur les dix châteaux récemment notés 100 au « Parker ». Une telle note détermine sans risque des vins parfaits comme les châteaux Petrus, Latour, Haut Brion ou Cheval Blanc. Mais cette note à un prix, celui de l’exclusivité. Les vins ayant obtenu 100 sont tout simplement introuvables car vendus immédiatement. Il sera donc plus facile et tout aussi peu risqué d’acquérir des Bordeaux notés 94 à 99, que l’on appelle des seconds vins plus accessibles ou des crus montants du Médoc comme le Saint Julien pour animer son portefeuille de placement

Les grands crus de Bourgogne comme la Tâche ou Romanée Conti ont le statut de stars dans le monde entier si bien qu’il est difficile de s’en procurer. Tâche tout aussi compliquée pour les Château Grillet ou Côte-Rôtie de la région de la Rhône, les petites parcelles ne donnant que quelques bouteilles à l’année. Les autres régions françaises autres que la bourgogne ou le bordelais offrent d’excellents vins dont certains raviront le palais, mais ils ne se prêtent pas à un investissement.

 Une fois votre portefeuille déterminé, il est recommandé de n’acheter que si l’origine est connue. L’idéal étant de tout savoir également sur les conditions de stockage des produits. Une « première main », c'est-à-dire un vin qui n’a que peu ou pas voyagé est plus rémunérateur à la vente qu’un vin qui a fait le tour du monde avant d’arriver dans votre cave. N’oublions jamais qu’il s’agit d’une matière vivante, sensible aux vibrations et variations de températures.

A l’achat comme à la vente, il faudra porter son attention sur les cours du marché notamment sur le London International Vintners Exchange (Liv-ex) que l’on peut considérer comme la bourse du vin.

Et si la sélection demeure compliquée, des cavistes avertis et spécialisés comme Idealwine ou Patrimonial Wine pourront vous aider.

En dépit d’un marché qui reste hautement spéculatif, il n’y a pratiquement aucun risque à miser sur les grands vins. Le marché, porteur depuis des dizaines d’années, se fait régulièrement l’écho de belles ventes qui témoignent d’un dynamisme qui ne s’est jamais tari.  Ainsi cette bouteille de Romanée-Conti 1978 dont la vente a été révélée par le World Fine Wine. Elle s’est adjugée pour 350 000 € la bouteille, soit 5000 € le verre. Gageons que les quelques avalées d’une "douce, riche, parfumée et pure expression de Pinot noir raffiné", devenues après une demi-heure "plus fruité, avec un soupçon de framboise." ont enchanté l’heureux acquéreur.