Le Sauternes

 

Sauternes

 

L'éternelle magie

 Une journée bénie comme en rêvent les vignerons du Sauternais.  Brouillards pâles et tièdes le matin, tenaces sur les hauts de la vallée ; à midi, grand soleil. Une sorte d’alternance de brumes humides et de ciel bleu, indispensable au développement d’un curieux champignon de la vigne appelé botrytis cinéréa, lequel couvre les grappes d’une croûte blanchâtre dite « pourriture noble » et fait qu’on obtient ici le vin blanc le plus somptueux au monde : le sauternes.

 

 Au lieu, comme tous les vignerons du monde, de vendanger en septembre des grains sains, ceux-ci attendent que les raisins atteignent une noble pourriture c »est à dire l’attaque du botrytis cinéréa, lequel, quand il daigne apparaître, ne se répand que lentement, grain par grain, si bien qu’il faut des semaines pour que tous les raisins en soient contaminés. Ainsi la récolte commencée sur le tard se poursuit-elle parfois jusqu’à la fin novembre. Les vendangeurs procèdent par tris successifs ne récoltant à chaque passage dans les vignes- il y en eu parfois jusqu’à onze à Yquem- que des raisins pervertis, chiffonnés par le botrytis.

 

Les vins de Sauternes sont les vins de Bordeaux les plus difficiles       vous pourrez lire la suite dans notre magazine .... à produire et les rendements sont microscopiques (8 à 9 hectolitres par hectare en moyenne).

Mais les nectars issus de ce vignoble sont souvent, Château d’Yquem en tête sont d’une complexité inouïe et lorsqu’ils présentent une magnifique couleur vieil or, liquoreux à souhait, avec des arômes de miel, d'acacia, d'abricot et d’agrumes, ils deviennent de véritables chefs d’œuvre.

Pourtant, depuis quelques années, le sauternes subit une lente désaffection, à vouloir resté confiné au  rôle de vin de dessert  puis de faire valoir du foie gras, le sauternes se pose de sérieuses questions sur le devenir de son appellation.

Si certaines personnes comme Florence Cathiard propriétaire avec la famille Moulin (Galeries Lafayette), à la tête du Château Bastor-Lamontagne imagine une opération marketing  avec un cocktail – le So Sauternes – à base d’un sauternes d’entrée de gamme et de Perrier, Laure de Lambert Compeyrot, directrice générale du château Sigalas Rabaud, amoureuse du terroir préfère relancer un vin blanc sec produit sur l'appellation. Dernièrement dégusté, la sémillante de Sigalas est une pure merveille. Il s'agit du premier vin blanc sec mono cépage cent pour cent sémillon, de ce premier grand cru classé 1855 de Sauternes. Gras, rond, magique, extrêmement complexe, un vin en tout point exceptionnel.

L’optimisme de Laure de Lambert Compeyrot révèle une conviction sans faille et une confiance totale envers les vins de Sauternes « la qualité de l’appellation doit être maintenue et ce n’est pas la première fois que le vin de Sauternes doit se relever  des difficultés argue- t-elle ».

Le vieux Sauternes est remarquable par sa douceur, son fruité et son caractère épicé et donnent des grands vins « plaisir » avec un équilibre idéal entre volume et fraîcheur.

Le jeune Sauternes s’appréciera frais mais non frappé, plutôt entre 10 et 12 degrés ou plus évolué mais avec une décantation qui

favorisera son expression aromatique.

Quoiqu ‘il en soit jeune, vieux ou allongé, le Sauternes reste une valeur française sûre dans l’appellation bordelaise qui ne l’oublions pas est de renommée mondiale.