RN7, la route des vacances

 

La route du Bonheur

 

Nationale 7, entre nostalgie et bonheur

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Souvent comparée par les français à la route 66 pour l’attachement affectif  qu’elle représente pour eux, la Nationale 7 diffère cependant de son illustre aînée américaine par un point fondamental : devenue populaire dans la souffrance et les larmes de la grande dépression de 1929, la « Mother of Road » américaine est à l’opposé de la route française. Alors que pour ceux qui s’en souviennent encore, la route Nationale 7 est avant tout, synonyme de bonheur, de vacances et de promesse de farniente.

Egalement appelée “Route Bleue” ou “ Route des Vacances”, la route relie Paris à Menton. Elle a été pendant longtemps le trait d’union entre la ville et la mer. Seulement 996 km séparaient alors la capitale de l’insouciante Côte d’Azur.

C’est peu comparé au 5000 km de la Ruta 40 argentine ou au 2300 km de la Highway of Jazz américaine, notre Nationale 7 fait figure de naine.

 

Mais rapportée aux dimensions du pays (la France ne fait après tout que 1000 km du Nord au Sud), elle fut pendant 30 ans son axe routier le plus long.

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L’histoire de la route remonte, officiellement, à 1776. Mais ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’elle acquiert véritablement son statut de route préférée des français. A partir de 1960, des millions de français entasseront leurs familles dans de minuscules 4CV ou Simca 1000 pour filer, dès les premiers jours de juillet, vers les eaux chaudes de la Méditerranée. Ces grandes migrations estivales inspireront à Charles Trenet sa fameuse chanson éponyme sur la désormais légendaire nationale.

La Route Nationale 7 part de Paris, plus précisément de la Porte d’Italie. Un point de départ somme toute assez logique car, à l’époque la route allait jusqu’en Italie en passant par Menton. Aujourd’hui délestée, pour ne pas dire délaissée, par l’autoroute 77, la Nationale 7 file pratiquement déserte jusqu’à Fontainebleau. Passée la ville chère à Napoléon 1er, dans laquelle on pourra s’arrêter pour visiter le fameux château, la route s’élance vers Nevers. Il faut alors être vigilant car de nombreuses portions de la route originelle ont disparu comme près de Pouilly sur Loire. La traversée de Nevers vaut pour le point de vue du pont qui enjambe la Loire à l’entrée de la ville. Passé Moulins, qui mérite le détour pour l’abbaye de Souvigny nécropole des ducs de Bourbon, on arrive à Lapalisse. Depuis 2006, des passionnés s’activent à faire revivre le plus fameux embouteillage de la National 7. Dans ce petit village en effet la circulation vers la route des vacances était, dans les années soixante-dix, un vrai cauchemar.

Bloquées par un centre-ville étroit, les autos chargées de bagages ou traînant des caravanes, créaient un incroyable bouchon qui pouvait s’étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres. Aujourd’hui, cet embouteillage n’existe plus, une voie express contournant la ville. Sauf au début du mois de juillet où, venant tous les deux ans de toute l’Europe, des centaines de véhicules d’époque convergent vers Lapalisse pour une journée nostalgique autour de l’amour de la route et d’une période insouciante révolue. Costumes d’époque, nappes de pique-nique, gendarmes à l’ancienne et ambiance réussie.

 

La route se poursuit alors vers Lyon, capitale des Gaules. L’escale dans cette ville est chaudement recommandée, ne serait ce que pour y déjeuner à la Cour des Loges ou au Collège Hôtel, deux des plus réputés hôtels restaurants lyonnais conciliant authenticité et finesse.

Après Lyon, cap sur Avignon. On passera par Valence avant d’arriver à Montélimar où l’on achètera son nougat, spécialité locale chez Arnaud Soubeyran. La vallée du Rhône s’offre aux voyageurs telle qu’elle était à l’époque des grandes transhumances estivales dans les années soixante.  

Ses coteaux verdoyants que traversent les vignes impeccablement alignées, sont comme figés dans le temps. La RN 7 est alors pratiquement arrivée à Avignon : autre arrêt vivement recommandé où, après une visite au Palais des Papes, on pourra découvrir la cuisine hautement créative de La Mirande. Dans cette même ville d’Avignon, un musée de la RN 7 conserve la mémoire de la route, au travers d’une collection hétéroclite de voitures et de deux-roues. On peut y découvrir des documents d’époque ainsi que de nombreuses publicités qui jalonnaient autrefois cette route très fréquentée.

 

Plusieurs petits villages, autrefois sur le tracé de la route, sont aujourd’hui évités par des rocades. Leur traversée vaut pourtant la peine du fait de leur authenticité. On recommandera donc le passage par Lambesc, Tourves, Pourcieux, Flassans et le Luc qui font partie intégrante de la RN 7. L’arrivée sur Fréjus est compliquée. La route Nationale 7 a pratiquement disparu. Seule solution pour rester sur son axe, suivre la direction de Cannes indiquée par des panneaux verts. Nous sommes sur la Côte d’Azur. Ici, la vieille Nationale 7 n’existe pratiquement plus. Pour se rendre à Menton on pourra profiter au maximum du paysage en empruntant la Corniche d’Or, route superbe mais souvent encombrée à partir du mois de mai, ou prendre la route de l’intérieur, qui ne longe pas le littoral mais correspond au tracé de la vraie RN7.

 

A Cannes on passera bien évidemment sur la Croisette avant de poursuivre en direction d’Antibes puis de Nice d’où on rejoindra Menton, terme de la route. A l’entrée de la ville on trouve encore quelques panneaux indiquant la RN7. Mais cela fait bien longtemps que la route n’est plus ici qu’un souvenir : celui des congés, des petites voitures populaires chargées de bagages qui emmenaient les populations insouciantes vers les plages de la Méditerranée. Une époque où la route du bonheur prenait parfois jusqu’à 20 heures…