La porcelaine revisitée

 

La porcelaine revisitée

 

Quand de grands artistes contemporains revisitent la porcelaine

La suite est à découvrir dans notre magazine

Indissociable de Limoges où fut découverte en 1768, la fameuse argile blanche, Bernardaud est fière d’être restée une entreprise familiale française depuis plus de 150 ans. Des créations ancrées dans le passé mais aussi par de grands artistes contemporains illustrent un rayonnement très éclectique liant la tradition et une étonnante modernité. 

 

Chacun connait de la porcelaine ce qu’elle offre à la table : assiettes et saladiers, soupières et compotiers, crémiers et sucriers… depuis 1863, Bernardaud veille à sauvegarder ce patrimoine national, emblématique du savoir-vivre à la française, qui est à la fois un artisanat, une industrie et un art.

Chez Bernardaud, un objet en porcelaine est la somme d’une multitude de compétences, de métiers où règne l’intelligence de la main. Depuis le modeleur jusqu’au coloriste, en passant par le finisseur ou la décalqueuse, chaque artisan dessine, modèle, émaille, assemble, décore, vérifie… avec ses mains. Si le toucher, avec la vue, demeurent les sens les plus sollicités, l’ouïe l’est également puisque d’éventuels défauts comme les fêlures qui se repèrent à l’oreille en faisant tinter la porcelaine lors du « choisissage ».

Mais ce savoir-faire ancestral débouche souvent sur des créations bien de leur temps. Depuis longtemps la maison Bernardaud invite des créateurs à « imprimer » leur style dans les décors des services de table. Les soixante-neuf pièces uniques, créées, en 1952, par Marc Chagall, à l’occasion du mariage de sa fille Ida, ont ainsi été rééditées. Leur technique de fabrication complexe, qui associe chromolithographie et peinture à la main, restitue pleinement le caractère tendre et poétique de cette œuvre.

En plus de ces magnifiques collections traditionnelles telles que «  A la reine, Elysée, Jardin du roi, ou encore louis XV, la maison Bernardaud s’est toujours différenciée en laissant de nouveaux artistes majeurs donner libre cours à leur inspiration pour des collections limitées.

Parmi les artistes, citons Marlène Mocquet, jeune artiste française de 35 ans surréaliste et expressionniste qui connaît un grand succès depuis sa sortie des Beaux Arts. Sa collection « Le Plat est un paysage » est une inspiration sur la convivialité d’un repas et du rapport affectif à la nourriture.

La mise en scène de la collection « Le Porc » de Sophie Calle, un esprit provocateur qui considère sa création comme une sorte de rituel pour compliquer la vie des gens …  Sophie Calle dévoile son intérêt à voir ce qu’il y a de meilleur dans l’assiette de l’autre.

La collection de Marc Chagall, naturalisé français en 1937 est éclairée par une porcelaine haute en couleur. Surréaliste, néo-primitiviste, il reste inclassable en se posant observateur du monde.  En 1952, pour le mariage de sa fille, une série limitée sa main nous fait partager avec poésie, tendresse et humour la richesse de thèmes qui lui sont chers, la femme, le couple, les fleurs, le cirque et les animaux.

Ajoutons Alexander Calder, artiste américain (1898-1976) et son portait à la France mais surtout la collection « Poissons d’or », dessiné en 1955 par Jacques Bernardaud lui-même avec un décor dont le graphisme apparaît à l’époque tout à fait avant-gardiste et qui contraste avec les courants classiques encore en vigueur.

Avec toutes ces collections la manufacture Bernardaud est une véritable passerelle entre tradition et modernité, ce processus d’association d’artistes contemporains et de fines porcelaines est unique. Ce qui en résulte est hautement désirable et résolument d’une époque épique et actuelle.