Le Paris haussmannien

 

Paris confié au

baron Haussmann

 

L’homme de la situation

Au lendemain des crises révolutionnaires françaises qui mit fin aux périodes royales, La capitale est perçue comme le centre morbide d'un pays secoué par deux révolutions, celles de 1830 et de 1848. La République reprit ce milieu de XIXième siècle en fanfare. Napoléon Bonaparte, président de la République, trouva en Georges, Eugène Haussmann, haut fonctionnaire, Baron et surtout urbaniste talentueux un homme de premier ordre pour réaliser ses projets les plus audacieux. Après avoir eu une influence sur l’urbanisation des villes de Bordeaux, Lyon ou Rouen, Haussmann allait donner à Paris en seulement 17 ans, une physionomie contemporaine et le statut de première ville française.

 

Gigantesque travaux de rénovation    la suite est à lire dans notre magazine

Sous les directives de l’empereur Napoléon, Haussmann avait été chargé de faire d’une ville ancienne, une ville moderne, plus pratique, plus saine et plus prestigieuse. De cette infrastructure moyenâgeuse, Paris étouffait, avec ses rues étroites, Paris manquait de clarté et de larges perspectives et ses maisons à étages étaient insalubres et concentraient une population pauvre.

Haussmann entreprit d’éventrer les vieux quartiers ouvriers, d’abattre les taudis, exproprier des milliers de personnes, démolir plus de 20 000 habitations. Paris allait renouveler 60 % de sa superficie. Construire 64 kilomètres de voies et 30.000 habitations, planter 80.000 arbres et installer 600 kilomètres d'égouts. Annexer les communes d’Auteuil, de Passy, de Montmartre, de Grenelle et de Vaugirard en 1860 pour que la surface de la capitale passe alors de 3.000 à 7.000 hectares.

 

Le style haussmannien et ses principaux travaux

Le baron Haussmann avait une vision claire de l’urbanisme, voici ces trois principes : larges voies rectilignes, désengagement des monuments, assainissements.

Les nouveaux grands axes :

Nord-sud : tous les grands boulevards de la gare de l’est à l’observatoire

Est-ouest : toutes les grandes avenues de la Place de la nation à place de l’Etoile

La partie orientale de la célèbre rue de Rivoli qui traverse le cœur de Paris sur 3 kilomètres.

 

Les nouvelles Places : place de la République mais l'exemple le plus représentatif est la place de l'Etoile , d'où partent 12 avenues Kléber, Foch, Victor Hugo, Carnot, Niel, Friedland, Iéna, George V pour les plus grandes mais la plus célèbre, l'avenue des Champs Elysées.

 

Les gares : Gare de Lyon, construite en 1855 et Gare du Nord en 1865.
D’autres gares sont mises en place sous le Second Empire, comme les gares St-Lazare, de Sceaux, d’Orléans, et le l’Est.

 

Les théâtres : Opéra Garnier, chef-d'œuvre de l'architecture ou le Chatelet

 

Les Ponts : Notre-Dame et pont d’Austerlitz sont reconstruits en 1853 et 1854 mais aussi les ponts Louis-Philippe, le pont St-Michel avec le N de Napoléon, les ponts des Invalides et de l’Alma…

Les Eglises : Sainte-Cécile, la Sainte-Trinité, Saint-Amboise et Saint-Augustin.

 

Parcs et jardins : bois de Boulogne , le parc Monceau ou le bois de Vincennes mais aussi des aménagements au Parc Montsouris, jardin du Luxembourg et de nombreux squares.

 

Réaménagement : une grande partie de l’Ile de la Cité est rasée et réaménagée ainsi que les Halles longtemps considérés comme le ventre alimentaire de Paris aujourd’hui transformé en centre commercial. L’Hôtel Dieu est rénové en 1878

 

Constructions d’immeubles : des règles strictes sont imposés quant à la hauteur des immeubles prenant en compte des porches pour laisser passer les voitures à cheval agrémenté d’un logement pour le gardien.

Les immeubles ont généralement 5 à 6 étages avec des balcons au deuxième et cinquième étage tous alignés donnant des rues un peu trompe l’œil.

Le rez-de-chaussée et l’entresol se distinguent par leurs murs de soutènement.
Le deuxième étage est plus noble et possède un ou deux balcons.
Aux troisième et quatrième étages, les encadrements de fenêtres sont moins riches et moins travaillés.
Le cinquième étage possède un balcon étroit sans décorations.
Au sixième étage, sous les combles, le toit est en diagonale a 45 degrés.

Tous les appartements ont une cuisine donnant généralement sur la cour et des pièces principales sur la rue.

 

Ajoutons les travaux d’assainissements comme la création d’un système d’eau, naissance d’un réseau gazier ou le rattachement des appartements au tout-à-l'égout. 

 

Un bilan évidemment prodigieux

Les travaux d’Haussmann ont assurément amélioré la qualité de la vie parisienne pour bon nombre d’habitants. Par ailleurs, il faut noter un certain autoritarisme et une gestion financière très controversée ( lire le pamphlet de Jules Ferry « les comptes fantastiques d’Haussmann en 1867 » et « lacurée » d’Emile Zola).

Les contestations et manifestions dues à une forte spéculation immobilière excluant les classes les moins aisées de la société parisienne a entraîné le krach de 1873 ainsi que la chute de l’Empire et le renvoi du baron Haussmann en 1870. Il meurt le 11 janvier 1891 et enterré au cimetière du père Lachaise.