La moutarde qui monte au nez

 

La moutarde

qui monte au nez !!!

 

La moutarde est un explosif mélange de graines écrasées et de vinaigre ou de moût de raisin. Ce condiment inestimable tire son nom du piquant « moût ardent ». Un goût bien français à préserver.

Du grain à moudre

D’après les historiens, les graines de la moutarde auraient été cultivées en Inde et en Chine il y a près de 3000 ans. Introduite en Bourgogne lors des invasions romaines, les graines de moutarde trouvèrent un terroir propice à se développer. Au fil des siècles, cet épice atypique est devenu incontournable pour chaque français. Après le sel et le poivre, voici un grand classique du monde fabuleux des aromates.

 

La moutarde : prenez-en de la graine !

Les graines font parties de la famille des crucifères comme les choux, les navets, les radis ou le colza... Son usage médical est avéré depuis l’Antiquité et a servi rapidement de condiment dans la cuisine, on prétend que nos ancêtres de la préhistoire mastiquaient des grains de moutarde en même temps qu'ils mangeaient de la viande.

 

Un condiments aux bienfaits et exhausteur naturel de goût   la suite est à lire dans nos magazines
Si la moutarde a une saveur atypique, elle est aussi profitable et plaisante. Tout d’abord, elle est naturellement pauvre en graisse et très riches en nutriments. Riche en calcium, potassium, vitamine A et C. Elle s’avère aussi une bonne source de sélénium. Elle accompagne aussi bien les plats de poisson lorsqu'elle est douce ou les viandes, volailles, charcuteries quand elle est forte.

 

Et pourquoi ça pique?
Pour fabriquer la moutarde, il est nécessaire de broyer, tamiser et de mélanger avec du vinaigre, autrefois du verjus, sorte de petits raisins donnant un jus acide. Cette macération dégage, une  huile essentielle nommée allylsénévol à l'origine du fameux piquant. Cette mixture de base allait donner à la Moutarde une renommée mondiale et devenir dès le XIVe siècle en Bourgogne une véritable institution.

 

Moutarde de Dijon : une appellation devenue générique
En France, la moutarde n'était pas seulement fabriquée à Dijon. Il en était produit à Paris et à Meaux, et dans toutes les régions à vignes. L’appellation «  moutarde de Dijon » n’étant pas protégée quant à son origine, il a fallu attendre 1937 et 2000 pour définir une réglementation et déclarer que l'appellation correspondait à une recette et non à un terroir. Ainsi, des pots libellés « moutarde de Dijon » peuvent provenir de Chine ou de n’importe où !!!

 

Le renouveau d’une moutarde 100% française

Si la moutarde de Dijon à galvauder sa dénomination, l’Association Moutarde de Bourgogne composé exclusivement des fabricants régionaux a décidé de reprendre la culture locale et créé l’appellation «moutarde de Bourgogne ».

Une caractéristique intéressante pour la traçabilité et le choix qualitatif des ingrédients. Cette moutarde bien française se montre raffiné, savoureuse, très aromatique, longue en bouche avec un délicieux piquant. On citera comme référence la Moutarderie Fallot à Beaune et la Reine de Dijon à Fleurey-sur-Ouche.

 

La moutarde, un produit bien de chez-nous
Qu'il soit aromatisé, en grains ou de Dijon, ce condiment est un indispensable des réfrigérateurs français, on la trouvera sous différentes saveurs :
de Dijon : la plus connue et la plus forte, à l’ancienne comme la moutarde de Meaux traditionnelle réalisée à partir de graines de moutarde entières ce qui lui donne une texture granuleuse et un goût prononcé. Aromatisée avec du miel, de la cannelle ou des fruits confits et même du sucre pour un goût américain.

 

Le mutarvasophile
Ce nom barbare est le nom du collectionneur de pots de moutarde, fabriqués en faïence blanche et fermés par un bouchon en liège, recouvert d'étain et scellée à la cire, affichent de très beaux décors.

 

RIEN A VOIR : le gaz moutarde, un grain de folie meurtrière

Utilisé par les allemands durant la première guerre mondiale et banni par l’ONU en 1993, le gaz moutarde a cependant encore fait des ravages en 2014 lors d’une offensive de l’Etat Islamique en Irak. Ce gaz de combat chimique tient son nom a la couleur jaunâtre quand il se dépose sur le sol et provoque des lésions cutanées très graves.