Histoire de nos grands magasins

 

Histoire de nos Grands Magasins

Printemps – Galeries Lafayette – Au Bon Marché

 

Au début du second empire, les grands magasins parisiens ont été révolutionnaires car ils ont posé les bases de notre commerce moderne.

Les histoires de ces cathédrales de la consommation comme l’écrit si brillamment Emile Zola dans son œuvre « Aux Bonheurs des Dames » montre qu’aujourd’hui nous n’avons rien inventé de la distribution actuelle.

Dans les années 1860, Paris avait une allure médiévale mais grâce à Napoléon III, le Baron Haussmann va transformer Paris en une ville moderne avec des structures d’immeubles qu’on n'avait jamais vues. Ainsi en témoignent le Printemps, Au Bon Marché ou encore les Galeries Lafayette, ces grands magasins devenus les fleurons de la capitale. Avant cette époque, chaque magasin était spécialisé sur une chose précise et donc pour s’habiller une femme devait visiter une vingtaine de boutiques pour compléter sa toilette. Le génie de ces grands magasins allait être de tout réunir sous un même toit avec un décorum extraordinaire et créer des activités annexes pour garder le client plus longtemps.

Ces grands magasins ont inventé le shopping comme une activité de loisir dans des lieux qui permettent d’intégrer des espaces marchands, des salons de thés ou salle de restauration et quelquefois aussi de grand fumoir pour les hommes.

Ces enseignes prestigieuses sont de véritables centres de luxe puisqu’on accompagnait les élites fortunées tout au long des rayonnages pour porter leurs achats. Cette relation personnalisée permettait bien sûr de connaître les habitudes et les envies de chaque client.

Chaque magasin a sa devise et son ambiance, les prix pour le Bon Marché, l’ambiance joyeuse et floral du Printemps et le sens commercial des Galeries Lafayette qui allait jusqu’à offrir un bouquet de violettes à la saison à chacune de ses clientes.

Quoi de mieux pour détendre l’atmosphère et mettre ses clients dans un état de confort d’achat.

La beauté de ces monuments de la distribution avait aussi son importance, ainsi le magasin Printemps par exemple est issu d’innovation technologique et avant-gardiste. En effet, sa majestueuse coupole style « art déco » est due à une structure à la Eiffel et son enseigne extérieure est réalisée avec de la mosaïque et des feuilles d’or pour que son emblème brille au soleil et se voit de loin comme une publicité lumineuse.

Tout est pensé pour que ces temples de la consommation attirent la clientèle avec des méthodes déjà très marketées. Vendre beaucoup avec des marges réduites et faire tourner la marchandise était la stratégie commerciale lancée par le couple Boucicaut, fondateurs du Bon Marché. Finis les prix à la tête du client, on instaure des prix fixes, l’échange marchandise, la livraison à domicile. On instaure des stratégies de fidélisation de la clientèle en créant des marques exclusives (nos marques distributeurs actuelles ou MDD) ou attirer les femmes en donnant chaque jeudi une image aux enfants pour que la maman revienne la semaine suivante. Et bien évidemment les inévitables soldes pour écouler les invendus. Créer le besoin est le mot d’ordre.

Théophile Bader voulait un grand bazar de luxe, les Galeries Lafayette ouvre en 1912 avec une extraordinaire coupole de plus de 43 m de haut et de grandes vitrines pour attirer le client. En 1919, pour leur publicité, aussi incroyable que cela puisse paraître, les Galeries Lafayette demande à Jules Védrines de posé son avion sur le toit. Aujourd’hui, les Galeries Lafayette sont le deuxième monument le plus visité après la Tour Eiffel et ces 3 précurseurs du commerce moderne sont devenus des moteurs pour le tourisme de luxe français et un marché essentiel pour les marques de prestige.