Paris - ses cafés célèbres

 

Le jour où les artistes découvrent le café

 

Tout commence par l’importation de Turquie, à la fin du XVIIe siècle, des graines d’un arbuste appelé caféier qui donnent une fois torréfiées une boisson aromatique, noire et chaude que l’on appelle le café. On trouva dans ce breuvage des qualités énergisantes et son succès fut immédiat. La première maison à profiter de cet engouement est le Procope du nom de son créateur, un italien Francisco Procopio dei Coltelli. Il eut l’idée en 1686, d’installer dans un quartier littéraire, une maison à boire le café, un lieu confortable ou l’on dégustait cette boisson exotique et surtout y faire des rencontres. Ainsi de célèbres écrivains tels que Voltaire, Victor Hugo ou le poète Verlaine s’y attablait pour y parler littérature. L’engouement de ces cafés fut tel qu’en 1723, on en comptait jusqu’à 380 dans la capitale et un avenir bien prometteur puisque les maisons à boire du café allaient devenir incontournables de chaque quartier et donner de l’énergie à vie parisienne. Retour sur cette épopée.

 

Montmartre, Montparnasse, Saint Germain des Prés…

Dès le XVIIIe siècle, les gens de lettres, peintres, artistes en tous genres aiment à se retrouver dans la chaleur de ces cafés parisiens où se créé une vie culturelle intense. Les maisons sont conviviales, on y parle de culture, politique, mais on y exprime aussi ses convictions. Toutes ces discussions partagées sont souvent houleuses mais à la fin autour d’un verre tout le monde finissait par se réconcilier.

À l’aube du XXe siècle, la butte Montmartre voit s’installer une multitude de cafés, des peintres du mouvement impressionnisme surtout, ils y tenaient des réunions interminables notamment au café Guerbois ou à la Nouvelle Athènes. C’est là aussi que Manet et ses amis peignent leurs modèles et Toulouse Lautrec, met en valeur une nouvelle esthétique du portrait. Plus tard, un autre lieu de création artistique prendra place vers le quartier Montparnasse précisément à la Closerie des Lilas où Hemingway, Rimbaud Paul Fort, Jules Romains, André Gide y tient régulièrement salon. Lieu de rencontres oblige, c’est ici qu’Elsa Triolet et Aragon firent connaissance. Vers 1980, la Closerie des Lilas accueillera les écrivains Philippe Solers ou Jean Edern Hallier mais aussi Serge Gainsbourg en tant que voisin. Non loin sur le boulevard de Montparnasse, près de la gare, entre la rue Vavin et le boulevard Raspail trois cafés sont mythiques : Le Dôme, La Rotonde et La Coupole.

Pendant ce temps-là, le quartier Latin n’est pas en reste. A Saint Germain des Prés, de nombreux artistes comme Charles Maurras où Apollinaire occupe notamment le café de Flore et à deux pas Aux Deux Magots, Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir se réfugient pour travailler.

Avec les architectes de cette époque, la décoration tient son rôle pour attirer la clientèle, ils y inventent de nouvelles lignes avec des matériaux nouveau jusqu’alors comme le bois, le métal, le verre. Le design à la mode est de poser des tableaux, et miroirs aux murs et sur le sol carrelé des banquettes de cuir synthétique souvent rouge. Quant aux serveurs en gilet noir et tablier blanc et leur ballet incessant, ils inspiraient à créer une ambiance sans pareille.

Aujourd’hui, certains de ces établissements sont toujours en vogue et lorsque que l’on a la chance de s’y attabler, on prend plaisir à recréer l’histoire de cette époque épique.

Ajoutons que si ces endroits mythiques ont créé la vie parisienne durant des années avec les célébrités, la population n’a pas été en reste et l’essor des petits cafés ont pris place à chaque coin de rue de Paris. Et chaque café raconte l’histoire de chaque quartier et réciproquement. Connaître la vie des parisiens d’hier et d’aujourd’hui passe par la découverte de ces cafés célèbres mais fréquenter les autres cafés permet de sentir l’atmosphère particulière de chaque quartier où l’on y développe une autre façon de voir le monde. La politique, bien sûr mais surtout la vie de tous les jours et les sentiments qu’elle inspire sont discuter ardemment à chaque moment de la journée.